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La Colombie pas cher
En bref
- La Colombie reste l'une des destinations les plus abordables d'Amérique du Sud, surtout dès qu'on s'écarte des grandes villes et des mois de haute saison.
- Le menú del día le midi, les hostels en maison, les fincas et les jus de marché font fondre le budget sans rien enlever au voyage.
- Le bus de nuit économise une nuit d'hôtel, et un vol low-cost réservé tôt reste parfois moins cher qu'un long trajet en car.
- On garde de la marge pour les rares expériences qui la valent, comme le trek de la Ciudad Perdida ou la plongée à Providencia.
J'ai débarqué en Colombie en me disant que j'allais devoir compter chaque peso, et je suis repartie surprise dans l'autre sens. On mange bien pour trois fois rien le midi. On dort dans des maisons à patio pour le prix d'un dortoir européen. Et les plus belles heures, celles que je garde vraiment, ne m'ont souvent rien coûté du tout. La chaleur qui colle à la peau à Santa Marta, l'odeur d'un tinto, ce café noir sucré qu'on vous tend dans un gobelet en carton au coin d'une rue, un coucher de soleil sur les toits de Bogotá depuis un mirador où l'entrée était gratuite.
Alors non, je ne vais pas vous sortir de tableau de change ni de budget au peso près, parce que ça bouge tout le temps et que ça vieillit mal. Je vais plutôt vous raconter où j'ai économisé sans rien perdre du voyage, et les deux ou trois fois où j'ai sorti la carte sans regretter une seconde.
Un des pays les plus doux pour le porte-monnaie du continent
Comparée à ses voisines, la Colombie reste franchement accessible. J'ai croisé des voyageurs qui remontaient du Chili ou de l'Argentine et qui avaient les yeux ronds devant l'addition d'un bon repas ici. Le pays a longtemps souffert de sa réputation, les gens hésitaient à venir, et forcément ça a tenu les prix bas plus longtemps qu'ailleurs. Ça change, Medellín se remplit, Carthagène affiche des tarifs qui n'ont plus grand-chose de sud-américain par endroits. Mais dès qu'on s'écarte un peu, on retrouve un pays où voyager longtemps ne ruine pas.
Le secret, je l'ai compris assez vite, c'est de vivre comme les Colombiens vivent. Manger là où ils mangent, prendre les mêmes bus qu'eux, boire les mêmes jus. Dès qu'on cherche le confort à l'occidentale, tout se met à coûter cher, ici comme partout. Si vous voulez chiffrer les postes avant de partir, j'ai détaillé ma façon de compter dans mon estimation de budget pour la Colombie, mais l'idée générale tient en une phrase, vous dépensez peu si vous acceptez de faire simple.
Le menú del día, ma meilleure trouvaille
Si je devais retenir une seule astuce, ce serait celle-là. Le midi, presque partout, les petits restaurants servent un menu du jour, le menú del día ou almuerzo ejecutivo. Une soupe pour commencer, souvent un bouillon avec du manioc ou du plantain, puis une assiette avec du riz, des haricots, une viande ou du poisson, une salade, une banane plantain frite, et un jus de fruit frais. Le tout pour une somme qui m'a fait sourire la première fois tant je croyais m'être trompée.
Je m'organisais donc pour faire mon vrai repas à midi. Le soir, une arepa achetée à un vendeur de rue, un fruit, un jus, et c'était réglé. Sur les marchés, j'ai mangé des mangues, des maracuyás, des choses dont je n'avais jamais entendu le nom, coupées devant moi. Les jugos, ces jus mixés avec de l'eau ou du lait, sont partout et calent une faim pour presque rien. J'en parle plus longuement dans mes notes sur la cuisine colombienne au quotidien, parce que manger local ici, ce n'est pas une privation, c'est franchement une des raisons de venir.
Mon meilleur repas de tout le voyage, je l'ai payé le prix d'un café à Paris. Une truite de rivière, dans une gargote de Salento, avec la patronne qui me resservait du jus sans que je demande.Salomé Vaneau
Dormir simple, dans des endroits qui ont une âme
J'ai peu dormi dans des hôtels classiques. Les hostels colombiens sont souvent de vieilles maisons coloniales avec un patio planté, un hamac, une cuisine commune où l'on discute le soir. On y trouve des dortoirs, mais aussi des chambres privées à des prix qui restent raisonnables si on réserve un ou deux jours à l'avance plutôt que des semaines. Dans la zone caféière, j'ai logé dans des fincas, ces maisons de caféiculteurs qui louent quelques chambres. Réveil au chant des oiseaux, café de la plantation servi sur la terrasse, et une addition très légère.
Ce que j'ai appris, c'est que le prix grimpe surtout avec l'emplacement. Une chambre dans la vieille ville de Carthagène coûte une fortune, la même à dix minutes à pied dans le quartier de Getsemaní devient abordable, et honnêtement Getsemaní est bien plus vivant. Je choisissais mon logement au dernier moment, en marchant, en regardant, en demandant. J'ai rassemblé mes repères sur les types d'hébergement dans ce guide des logements en Colombie. Et quand je voyageais seule, les hostels m'ont autant servi pour le budget que pour la compagnie, un point sur lequel je reviens dans mes réflexions sur le voyage en solo en Colombie.
Le bus plutôt que l'avion, et le bus de nuit surtout
La Colombie est grande et montagneuse, les distances trompent. Sur le papier, deux villes semblent proches, et il y a une cordillère entre les deux. L'avion tente, et parfois il a raison, les compagnies low-cost du pays sortent des billets vraiment bas si on les réserve tôt, plusieurs semaines avant. J'ai fait Bogotá-Santa Marta en avion pour presque rien parce que je m'y étais prise à l'avance.
Mais mon vrai réflexe d'économie, c'était le bus de nuit. Un trajet long qu'on passe à dormir, c'est une nuit d'hôtel qu'on ne paie pas. Les cars sont confortables, souvent glacés d'ailleurs, la clim tourne à fond, prenez un pull, la nevera comme disent les Colombiens, le frigo. On part le soir, on se réveille dans une nouvelle ville au petit matin, et on a gagné du temps et de l'argent d'un coup. Je comparais toujours les deux options avant de trancher, et j'ai résumé ma méthode dans ce guide des déplacements en Colombie. La règle que je me donnais, bus quand le temps de trajet tient dans une nuit, avion quand ça dépasse ou quand un billet cassé apparaît.
Économiser poste par poste, sans se priver de l'essentiel
J'ai fini par avoir mes automatismes. Voici, poste par poste, ce que je faisais pour dépenser moins, et ce que ça coûtait en confort, parce qu'il y a toujours un petit compromis, autant le dire franchement.
| Poste | L'astuce | Le compromis |
|---|---|---|
| Repas | Menú del día le midi, marchés et jugos le reste | Moins de restos du soir, on dîne léger |
| Logement | Hostels en maison, fincas, chambre privée réservée tard | Quartier un peu excentré, confort simple |
| Transport longue distance | Bus de nuit, avion low-cost réservé tôt | Nuit assise dans la clim, réveil un peu cassé |
| Transport en ville | Bus urbains, métro à Medellín, marche | Il faut comprendre les lignes, un peu d'attente |
| Activités | Miradors, plages publiques, quartiers, randos libres | Moins de tours guidés, on cherche l'info soi-même |
| Café et petites envies | Tinto de rue plutôt que cafés de touristes | Gobelet en carton au lieu de la terrasse à la mode |
Ce qui saute aux yeux quand je relis ce tableau, c'est qu'aucun compromis ne touche à ce qui compte. On mange bien, on dort bien, on voit tout. On renonce juste à un peu de confort et à pas mal de superflu.
Le plus beau est souvent gratuit
C'est la chose qui m'a le plus marquée. Les moments forts de mon voyage n'avaient presque jamais de billet d'entrée. Monter à Monserrate au-dessus de Bogotá, marcher dans les ruelles colorées de la Comuna 13 à Medellín, se perdre dans le centre historique de Popayán tout blanc, écouter la salsa sortir des bars de Cali un soir de semaine. Les plages publiques du parc Tayrona demandent un droit d'entrée, mais tant d'autres criques de la côte sont simplement là, ouvertes.
La nature colombienne se visite beaucoup à pied et à l'œil. Une randonnée dans la vallée de Cocora ne coûte que le petit transport pour y aller. Les villages de la zone caféière se découvrent en marchant d'une finca à l'autre. J'ai passé des après-midis entières à regarder les gens sur une place, à discuter avec un vendeur de fruits, et ça valait tous les musées payants du monde. Cela dit, certains musées valent leur prix modeste, celui de l'Or à Bogotá m'a bluffée, et beaucoup ont une entrée gratuite un jour par semaine.
Deux ou trois pièges à éviter, et l'art de demander
Carthagène en haute saison, c'est le moment où la Colombie oublie qu'elle est bon marché. Autour des fêtes de fin d'année et pendant la Semaine sainte, les prix de la côte s'envolent, hôtels comme excursions. Si vous pouvez, décalez. J'y suis allée en creux de saison, sous quelques averses, et j'ai payé la moitié pour la même ville, plus calme en prime.
Autre réflexe, demander le prix avant, toujours, pour un taxi sans compteur, une excursion, un souvenir sur un marché. Négocier ici n'a rien d'agressif, c'est un échange, souvent souriant. On propose un peu moins, on tombe d'accord au milieu, parce (le petit mot pour l'ami) repart content et vous aussi. Je ne marchandais jamais le menú del día ni un jus, ce serait déplacé pour des sommes déjà minuscules, mais pour tout ce qui vise les touristes, une question polie fait souvent baisser le tarif. Payer en liquide dans les petits endroits aide aussi, beaucoup n'aiment pas la carte et un billet bien compté simplifie tout.
Les petites dépenses qui grignotent tout
Ce qui plombe un budget en Colombie, ce ne sont pas les gros postes, c'est la poussière de petites choses. Les frais de retrait aux distributeurs, par exemple, peuvent piquer à chaque fois. Je retirais de grosses sommes d'un coup, moins souvent, et je repérais les banques qui prélevaient le moins. J'ai pris une carte SIM locale dès l'arrivée à l'aéroport, quelques gigas de data pour rien du tout, ça m'a évité les forfaits d'itinérance qui coûtent une fortune et ça sert pour tout, les cartes, les bus, appeler un hébergement.
L'eau aussi. On ne boit pas l'eau du robinet partout, alors plutôt que d'acheter des petites bouteilles à répétition, je remplissais une grande gourde depuis les bonbonnes que presque tous les hostels laissent à disposition. Trois fois rien mis bout à bout, mais sur plusieurs semaines ça finit par compter. Et j'évitais les cafés et bars pensés pour les touristes juste à côté des sites connus, où le même jugo passe du simple au double. Il suffit souvent de tourner au coin de la rue.
Où j'ai sorti la carte sans regretter
Voyager pas cher, ce n'est pas tout refuser. J'ai gardé de la marge pour deux ou trois choses qui ne se vivent qu'ici, et je referais exactement le même choix. Le trek de la Ciudad Perdida, quatre jours de montée dans la Sierra Nevada jusqu'à une cité perdue dans la jungle, se paie et se paie une seule fois, tarif fixé, guides obligatoires. C'est cher pour la Colombie et ça vaut chaque peso, les nuits en hamac, les rivières où l'on se baigne, l'arrivée en haut des marches de pierre.
Pareil pour la plongée à Providencia, cette petite île des Caraïbes loin de tout, où les fonds sont parmi les plus beaux que j'ai vus, et où rien n'est vraiment donné parce que tout arrive par bateau ou par avion. J'ai économisé pendant des semaines sur le continent pour m'offrir ça sans compter là-bas. C'est ma logique de voyage, faire simple presque tout le temps pour pouvoir dire oui, franchement, aux quelques expériences qui le méritent. La Colombie autorise exactement ce jeu, elle est assez douce au quotidien pour laisser de la place à un ou deux luxes qui restent en mémoire longtemps après.
Teste-toi
Quelle est la façon la plus simple de manger bien et pour presque rien en Colombie ?
Questions fréquentes
Oui, dans l'ensemble elle reste plus douce pour le porte-monnaie que le Chili ou l'Argentine. Les prix montent à Carthagène et dans les zones très touristiques, mais dès qu'on voyage comme les locaux, ça redevient très accessible.
Le bus de nuit fait gagner une nuit d'hôtel et reste bon marché sur les longs trajets. Mais les compagnies low-cost sortent parfois des billets très bas si on réserve plusieurs semaines à l'avance, donc je comparais à chaque fois.
Le menú del día le midi, puis marchés, arepas de rue et jugos le reste du temps. Les fruits frais et les jus mixés calent une faim pour presque rien et changent tout le temps.
Sur les expériences qui ne se vivent qu'ici. Le trek de la Ciudad Perdida et la plongée à Providencia coûtent cher pour le pays, mais je referais les deux sans hésiter.